Le Québec prend un virage environnemental dans ses hôpitaux. De plus en plus d’établissements de santé abandonnent le desflurane, un gaz anesthésiant dont l’empreinte carbone est 2 540 fois supérieure à celle du CO2. Cette transition, soutenue par le Collège des médecins du Québec, marque une étape importante dans la décarbonation du système de santé.
L’hôpital Pierre-Boucher, sur la Rive-Sud de Montréal, fait figure de pionnier en ayant complètement éliminé le desflurane de ses blocs opératoires. D’autres établissements lui emboîtent le pas, remplaçant ce gaz par des alternatives moins polluantes comme le sévoflurane ou les techniques d’anesthésie intraveineuse.
L’initiative ne se limite pas aux gaz anesthésiants. Les blocs opératoires québécois font désormais la lutte au gaspillage sous toutes ses formes : réduction des déchets, tri des matières recyclables et optimisation de l’utilisation du matériel. Un mouvement que La Presse qualifiait d’« élan vert dans les hôpitaux » dans un dossier publié plus tôt cette année.
Pour les patients, la transition est transparente. Les alternatives au desflurane sont tout aussi efficaces et sécuritaires, assurent les anesthésiologistes. « Le changement de pratique n’a aucun impact sur la qualité des soins », précise le Collège des médecins dans ses recommandations.
Cette initiative québécoise s’inscrit dans une tendance mondiale. Plusieurs pays européens, dont l’Écosse et les pays scandinaves, ont déjà banni ou fortement réduit l’utilisation du desflurane. Le Québec rejoint ainsi les juridictions les plus avancées en matière de santé durable.
L’impact environnemental du système de santé est souvent sous-estimé. Selon les estimations, le secteur hospitalier représente environ 4 à 5 % des émissions de gaz à effet de serre dans les pays développés. Chaque geste compte dans la lutte contre les changements climatiques.
Avec des informations de La Presse, Le Devoir et le Collège des médecins du Québec.




Aucun commentaire pour l’instant. Lancez la conversation !