La crise du logement s’impose comme l’enjeu numéro un de la campagne électorale québécoise, et les chiffres sont accablants. Selon une enquête de La Presse, près de 300 000 logements abordables ont été « perdus » en trois ans au Québec en raison de la hausse des loyers, qui transforme des appartements autrefois accessibles en logements hors de portée pour les ménages à revenu modeste.
Les cinq partis en lice ont fait du logement une priorité, mais avec des approches radicalement différentes. Le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime « se range du côté des propriétaires et des promoteurs immobiliers », selon Le Devoir, en misant sur la déréglementation pour stimuler la construction. Québec solidaire, à l’opposé, propose de « serrer la vis à l’industrie du courtage immobilier » et de construire 50 000 logements sociaux.
L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) a dévoilé son Portrait québécois de l’habitation en septembre, dressant un bilan préoccupant de l’accessibilité au logement dans toutes les régions de la province. La situation dépasse désormais les grandes villes : des municipalités comme Sherbrooke, Gatineau et Trois-Rivières font également face à des taux d’inoccupation historiquement bas.
Le bilan du gouvernement sortant de la CAQ est critiqué par les organismes de défense des locataires. Selon une analyse du PIVOT, les propositions de tous les partis demeurent insuffisantes face à l’ampleur de la crise. La construction de nouveaux logements ne suit pas la demande, alimentée par la croissance démographique et les niveaux d’immigration élevés.
Pour les jeunes Québécois, la perspective d’accéder à la propriété s’éloigne chaque année davantage. Le prochain gouvernement, quel qu’il soit, héritera d’un défi colossal qui définira probablement son mandat.
Sources : La Presse, Le Devoir, APCIQ, PIVOT, Presse-toi à gauche


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