En pleine campagne électorale, la première ministre sortante Christine Fréchette a révélé que le gouvernement québécois surveille de près 30 000 postes répartis dans 60 entreprises jugées vulnérables aux tarifs douaniers imposés par l’administration Trump. Une révélation qui met en lumière l’ampleur de la menace qui pèse sur l’économie de la province.
Depuis le 8 septembre, le Canada et les États-Unis s’imposent mutuellement des tarifs atteignant jusqu’à 50 % sur des milliards de dollars de marchandises, à la suite de l’échec des négociations commerciales en août. La cheffe caquiste a toutefois tenu à nuancer : « Ces emplois ne sont pas nécessairement en péril immédiat, mais nous devons être prêts à agir rapidement si la situation se détériore. »
Une croissance qui piétine
Ces tensions commerciales surviennent dans un contexte économique déjà fragile. Selon les projections de Deloitte, la croissance économique canadienne devrait s’établir à seulement 0,7 % en 2026, un chiffre modeste qui reflète l’incertitude générée par le conflit commercial. Le taux de chômage est demeuré inchangé en août, tant au Québec qu’au Canada, selon les données de Statistique Canada publiées début septembre.
Néanmoins, la hausse du PIB observée en juillet laisse entrevoir une possible reprise, alimentée notamment par le Sommet canadien de l’investissement tenu à Toronto, où 167 projets ont été présentés à des investisseurs.
Les entreprises d’insertion, un modèle rentable
Dans ce climat d’incertitude, une étude dévoilée cette semaine apporte une note d’espoir : chaque dollar investi dans les entreprises d’insertion génère plus de 3 dollars pour l’économie du Québec. Ce modèle d’économie sociale, qui combine réinsertion professionnelle et production de biens et services, pourrait constituer un levier de résilience dans un marché du travail en mutation.
Pour les travailleurs québécois, l’enjeu est clair : la diversification des marchés d’exportation et le renforcement de l’économie locale deviennent des impératifs, alors que la dépendance au marché américain se révèle plus risquée que jamais.

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