La découverte d’un bébé dans un campement de sans-abri de la rue Notre-Dame à Montréal a provoqué une onde de choc au 22e jour de la campagne électorale québécoise, forçant les cinq chefs de parti à se prononcer sur la crise de l’itinérance qui sévit dans la province.
Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois qui domine les sondages avec environ 30 % des intentions de vote, a qualifié la situation de « honteuse pour une société aussi riche que la nôtre ». Le chef péquiste, dont le parti est en tête des projections pour former un gouvernement majoritaire lors du scrutin du 5 octobre, a réitéré son engagement envers un plan national de lutte contre l’itinérance.
Du côté de la Coalition Avenir Québec, la première ministre sortante Christine Fréchette a promis que de tels événements ne se reproduiraient pas, tout en soulignant le travail déjà entamé par son gouvernement sur un plan national. Le Parti libéral de Charles Milliard a dénoncé de « graves manquements » dans le filet social québécois, tandis que Ruba Ghazal de Québec solidaire a réclamé « des investissements massifs et une volonté politique ferme ».
Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, a pour sa part qualifié les campements d’« totalement inacceptables », appelant à leur élimination rapide. Fait notable : les cinq formations politiques se sont engagées à tenir un sommet national sur l’itinérance au printemps 2027.
Les tarifs américains, l’autre ombre au tableau
Christine Fréchette a également révélé que Québec surveille actuellement 30 000 emplois répartis dans 60 entreprises jugées vulnérables aux tarifs imposés par Washington, qui atteignent désormais 50 % sur certains produits canadiens. La première ministre a toutefois nuancé que ces postes ne sont pas nécessairement en péril immédiat.
La journée a aussi été marquée par une série de promesses électorales : le PLQ a proposé un investissement de 200 millions de dollars dans les services de CLSC, Québec solidaire a mis de l’avant 610 millions pour 5 000 éducatrices en petite enfance, le PCQ a annoncé un moratoire de quatre ans sur les nouvelles réglementations agricoles, et la CAQ a promis la transparence obligatoire des prix vétérinaires.
Selon les plus récents sondages, le PQ mène avec 29 à 30 % des intentions de vote, suivi du PLQ (22-25 %), de la CAQ (23-24 %), du PCQ (15-16 %) et de QS (9-10 %). Les Québécois seront appelés aux urnes le 5 octobre prochain.

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